Après presque deux ans de discours largement positif sur le véhicule autonome, il semble que le temps du débat contradictoire soit venu…ou peut être simplement le temps des réalités concrètes….
L’excitation sur le véhicule autonome, ses innovations et son cortège de bénéfices clients laissent peu à peu place à la nuance. Sur un sujet alimenté par des constructeurs en quête d’image, des médias en quête d’audience, et des analystes à la recherche de sujet prospectifs, le mythe sociétal et industriel s’est rapidement installé.
Cela vous rappelle quelque chose? c’est normal, il y a moins de dix ans, il s’agissait a peu près de la même partition avec le véhicule électrique. Celui-ci devait révolutionner rapidement nos usages et d’un coup de baguette magique soigner un secteur en proie au risque sanitaire, à l’engorgement des villes et une image dégradée.
Les dernières mesures prises dans les grandes villes occidentales autant que dans les pays à fort développement montrent que l’essentiel des questions n’est pas traité. Le VE ne traite pas la question de la pollution sur l’ensemble de la chaîne, et encore moins les questions d’encombrements des villes. Et c’est naturel, car il n’est pas encore parvenu à traiter une question inhérente à sa conception : l’autonomie. En réalité, il est tout juste parvenu à soigner un secteur en mal d’innovations significatives.

Et la pression sur le secteur ne retombe pas si l’on observe les dernières décisions prises à Paris (et plus généralement dans les grandes villes) pour limiter le pollution et la circulation. L’excitation autour du véhicule autonome tranche avec l’énorme tension qu’il y a entre un risque sanitaire de plus en plus pointé du doigt (même si les mesures prévues sont contestables au moins dans leur applicabilité) et le besoin de continuer à faire rêver sur cet objet.
Cependant le mythe industriel est déjà là, comme le prolongement des romans d’Isaac Azimov et des films d’anticipation du type i-robot.

Les nombreuses déclarations et démonstrations des constructeurs automobiles et des nouveaux entrants nous forcent cependant à poser les questions du quotidien. Quel environnement législatif ? Quelles responsabilités et surtout comment le véhicule va t-il arbitrer entre la sécurité des personnes présentes à l’intérieur et celles se trouvant à l’extérieur du véhicule. Plus prosaïquement, en cas de danger comment choisir entre le piéton, le chien et le conducteur …..?
Isaac Azimov, écrivain
Ces dernières semaines, la liste d’articles qui s’interrogent sur ce point, n’apportent à date aucune réponse mais soulèvent ce point clef. Qui décidera de la priorisation ? quel algorithme ? quels critères ? En tant que piéton serai-je obligé de porter un capteur qui me garantira d’être repéré et identifié par des véhicules autonomes ?

Ces peurs prennent tout leur sens avec le tout premier cas d’accident mortel pour un véhicule en situation de pilotage automatique. Cela concerne une Tesla et son Autopilot. Sans aucun doute, cela va alimenter de nombreuses autres questions autour de la sécurité, de la responsabilité et de l’autonomie.
Après le mythe industriel et social…le temps du débat contradictoire
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